mardi 15 juin 2010

Ecrire par la fenêtre

Attends. Restons encore un peu des . êtres . de . mots. 
Nous avons sauté par la pupille, à présent, nous, flottons, dans, tout ! ce qu’il y a autour,,, entre les lignes court l’infini, dont je teme crée, dont tu teme crées, entre les paroles courra le silence, ici le silence n’existe pas, restons encore un peu des dieux toimoi pour moitoi. Nos corps inquiets viendront bien assez tôt nous arracher à l’éternité, pour nous porter fièrement l’un à l’autre : pauvres ! touchants ! effroyables sots ! Matrices de nos antiêtres ! Ne savent-ils pas qu’à leur contact, nous disparaîtrons ? 
Teme ? voir ? en ? vie ? 
Moitoi ! qui ! t’aim’a ! vu ! im!mortel ! 

Non Ne crains pas Leurs sens, qu’ils en usent, tant qu’ils voudront pour se parler de nous. Ce qu’ils pétriront de leur odieuse réalité, ce ne sera pas nous, et nous nous saurons encore, et derrière leurs sourires nous pourrons sourire pour une fois d’être prisonniers, et nous nous nous pourrons regarder par les yeux grand ouverts sans craindre de tomber Dans leurs airs saturés de rien Les idées s’évanouissent trop vite Sous les cadences infernales de la pensée l’on ne meurt ni ne renaît d’amour pour LES MOTS ne doivent pas quitter La bouche voudra cracher Ses paroles seront nos restes ! 

Fermons-la ! mon amour, d’un baiser.

Ecrivons encore par la fenêtre : s’il le faut, cherchons le mot juste toute leur vie : à défaut : le grand blanc jusqu’à la mort : enracinons l’hyperlangage des presqu’Un. 
Il me semble l’entendre par moments, intraduisible. 
Patience. 
Quand nous disposerons du lexique infini. 
Quand dire sera Créer. 
Quand les mots seront temps et matière. 
Quand presque Tout aura été dit. 
 
Juste, avant, le, point, des, points.
 

Ainsi pourrons-nous sauver l’univers !
 
...

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